« Je m’occupe surtout de philanthropie, de spirituel, c’est normal à mon âge, j’ai monté avec des amis un institut qui s’appelle l’Institut de l’espérance. » Devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel, Vincent Bolloré avait revendiqué la foi et s’en était tenu là, officiellement. « Vous lisez sur moi que je suis à droite, plus à droite, non. Je ne fais pas de politique, je suis démocrate-chrétien, je crois à la démocratie, à la liberté, et je crois vraiment au Christ », déclare-t-il alors.
Dans le manifeste de 36 pages de l’Institut de l’espérance, il y a une centaine de mesures, presque un programme. Le think tank d’inspiration chrétienne plaide pour ramener la dépense publique française à 49 % du PIB. Cette réduction drastique des dépenses budgétaires est couplée à un agenda conservateur assumé : une réduction drastique de l’immigration, un retour de l’uniforme à l’école, une levée du drapeau, et même, la suppression du délit d’entrave à l’avortement.
Ligne idéologique très conservatrice
Cette ligne idéologique est déjà à l’œuvre dans les médias du milliardaire – CNews, le Journal du Dimanche – et notamment dans la maison d’édition Fayard qu’il contrôle. Cet écosystème culturel est accusé de relayer des thèmes de l’extrême droite et des figures de ce même bord, comme l’ancien candidat à la présidentielle et polémiste Éric Zemmour.
S’il ne veut pas conquérir le pouvoir, Vincent Bolloré structure un courant conservateur, pour peser sur l’opinion, et gagner la bataille des idées. Cela à l’aube de la présidentielle.