Dans un message posté sur X, la procureure de la capitale américaine Jeanine Pirro, nommée par le président Donald Trump, a annoncé qu’elle mettait fin aux poursuites visant le patron de la Réserve fédérale (Fed). Jerome Powell était accusé, depuis janvier, de mauvaise gestion, alors que les travaux de rénovation du siège de la banque centrale avaient vu leur coût exploser.
Mais cette enquête avait été rapidement vue – jusque dans le camp républicain – comme des représailles de la part de Donald Trump, mécontent que la Fed ne baisse pas suffisamment ses taux à ses yeux et jugeant que la cause principale en était l’opposition de Jerome Powell.
Des poursuites qui intervenaient après une enquête ouverte quelques mois plus tôt contre une autre membre du conseil des gouverneurs de la Fed, Lisa Cook. Ces deux procédures ont été perçues par un certain nombre d’analystes comme une tentative de remise en question de l’indépendance de la Fed. Jeanine Pirro a justifié l’abandon des poursuites par le fait que « l’Inspecteur général pour la Fed a été mandaté pour se pencher sur la question des surcoûts » liés aux travaux de rénovation.
« Dans ces conditions, j’ai ordonné à mon bureau de mettre fin à notre enquête, dans la mesure où l’Inspecteur général prend le relai », a-t-elle ajouté. Le Bureau de l’Inspecteur général (OIG), qui dépend du conseil des gouverneurs de la Fed et du Bureau de protection des consommateurs face aux services financiers (CFBP), a précisément pour mission de surveiller l’activité quotidienne de la banque centrale américaine.
« Marionnette du président Trump »
L’abandon des poursuites contre Jerome Powell devrait permettre au Sénat de voter rapidement la confirmation de la candidature de son successeur, alors que le mandat de l’actuel président s’achève mi-mai. C’est tout du moins l’avis de la sénatrice démocrate Elizabeth Warren. Elle y voit « une tentative de libérer le chemin pour permettre aux sénateurs républicains de valider la marionnette du président Trump en tant que président de la Fed », en référence à Kevin Warsh.
Son collègue républicain Thom Tillis avait en effet jusqu’ici assuré qu’il refuserait de voter pour Kevin Warsh tant que l’actuel patron de la Fed restait visé par une enquête qu’il estimait non justifiée. Or, la majorité présidentielle est ténue au Sénat, et un seul membre républicain de la commission des affaires bancaires suffit à bloquer la nomination de Kevin Warsh.
Mardi 21 avrom, lors de l’audition de Kevin Warsh par une commission du Sénat, le sénateur Tillis a rappelé que les états de service du candidat désigné – il a été l’un des gouverneurs de la Fed de 2006 à 2011 et est un profil sérieux aux yeux des républicains – n’étaient pas en cause, seulement la procédure judiciaire lancée avec l’aval de Donald Trump. Tant que Kevin Warsh n’est pas confirmé, Jerome Powell peut rester à la tête de la Fed.
Il présidera d’ailleurs mardi 28 et mercredi 29 avril ce qui pourrait être sa dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), dans un contexte où la guerre au Moyen-Orient a fait repartir les prix à la hausse aux États-Unis. Les marchés ne s’attendent pas à une baisse des taux de la Fed, actuellement compris entre 3,50% et 3,75%. La prochaine pourrait intervenir, au plus tôt, en fin d’année, selon l’outil de veille de CME, FedWatch.