Un dissident laotien disparaît en Thaïlande, un nouveau cas de répression transnationale redouté

Un drapeau thaïlandais flotte au vent avec Bangkok en arrière-plan, le 9 septembre 2026.
Un drapeau thaïlandais flotte au vent avec Bangkok en arrière-plan, le 9 septembre 2026. AFP – AMAURY PAUL

 

A-t-il été enlevé, voire assassiné ? Depuis le début de l’année, Khieo Lapchanh recevait de nombreuses menaces de mort. Sa tête avait même été mise à prix, affirme Émilie Palamy Pradichit, directrice de Manushya Foundation, une ONG de défense des droits humains à Bangkok : « Il y avait même des personnes prêtes à payer jusqu’à 8 000 dollars pour le tuer. » Le dissident avait commencé à militer sur Facebook pour « exposer la corruption du gouvernement laotien et les inégalités », poursuit-elle.

Sa disparition est également survenue à la veille d’un premier rendez-vous avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, en vue d’une demande d’asile dans un pays tiers. « On le préparait, on l’aidait à écrire sa lettre. Il était très content de enfin passer son entretien », raconte Émilie Palamy Pradichit.

Plusieurs opposants déjà enlevés ou assassinés

Les chances de retrouver Khieo Lapchanh sain et sauf sont faibles. Émilie Palamy Pradichit, militante franco-laotienne, rappelle que plusieurs opposants laotiens ont été enlevés ou assassinés en Thaïlande ces dernières années. « La Thaïlande devrait être un refuge pour les personnes qui fuient la répression dans les pays voisins », souligne-t-elle.

Mais selon les ONG, les régimes de la région s’entraident, par le biais d’accords informels, pour traquer les dissidents qui fuient d’un pays à l’autre. Fin septembre, les autorités vietnamiennes ont ainsi annoncé détenir trois dissidents qui avaient disparu quelques jours plus tôt au Cambodge.