« À la suite de l’affrontement […], du côté étranger quatre assaillants ont été abattus et six blessés, lesquels ont été évacués et ont reçu une assistance médicale », indique le communiqué des autorités cubaines, qui ne précise pas la nationalité des personnes tuées ou blessées.
Lors de l’incident, qui s’est produit dans un contexte de forte tension entre Cuba et les États-Unis, le commandant du navire cubain, sur lequel se trouvaient cinq garde-frontières, a également été blessé, de même source.
Selon le communiqué, « dans la matinée du 25 février 2026, une vedette rapide en infraction, immatriculée en Floride, États-Unis, sous le numéro FL7726SH, a été détectée dans les eaux territoriales cubaines », dans la zone du chenal d’El Pino, dans la province de Villa Clara (centre).
Des coups de feu tirés depuis le bateau immatriculé en Floride
Lorsque le navire des garde-frontières « s’est approché pour procéder à son identification, des coups de feu ont été tirés depuis la vedette en infraction contre les effectifs cubains », précise le communiqué. Le ministère de l’Intérieur indique poursuivre son enquête « en vue de l’entier éclaircissement des faits ».
Le gouvernement cubain fait état régulièrement de l’incursion de vedettes rapides en provenance des États-Unis dans ses eaux territoriales, généralement liées au trafic de personnes, en lien avec des groupes de migrants cherchant à quitter l’île, ou au trafic de drogues.
Selon les dernières informations rendues publiques par les autorités cubaines, entre janvier et juin 2022, année de forte vague migratoire depuis l’île communiste, les garde-côtes avaient intercepté treize vedettes rapides provenant des États-Unis en lien avec des « opérations de traite de personnes de Cuba vers ce pays ».
Cette année-là, une vedette rapide en provenance des États-Unis avait ouvert le feu au moment de son interception par les gardes-frontières dans l’ouest de l’île. Un occupant de la vedette avait été « grièvement blessé » par les tirs de riposte des garde-côtes cubains. Il avait par la suite succombé à ses blessures.
La justice de Floride ouvre une enquête
Le procureur général de Floride, James Uthmeier, a annoncé sur X l’ouverture d’une enquête judiciaire. « Le gouvernement cubain n’est pas digne de confiance et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces communistes répondent de leurs actes », a-t-il écrit sur le réseau social, affirmant avoir demandé à son bureau d’ouvrir une enquête sur ces faits.
Le vice-président américain, J.D. Vance, a déclaré que les États-Unis « surveillaient » la situation. « C’est évidemment une situation que nous surveillons. Espérons que ce ne soit pas aussi grave que nous le craignons, mais je ne peux pas en dire davantage, parce que je n’en sais tout simplement pas plus », a-t-il dit à des journalistes. J.D. Vance a ajouté que le secrétaire d’État, Marco Rubio, qui participe à un sommet dans les Caraïbes, l’avait informé plus tôt, mais qu’ils n’avaient « pas beaucoup de détails ».
Rubio appelle à un «changement radical» à Cuba
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a déclaré de son côté que Washington réagirait « en conséquence ».« Au fur et à mesure que nous recueillerons davantage d’informations, nous serons prêts à réagir en conséquence », a-t-il affirmé.
« Cuba doit changer radicalement car c’est sa seule chance d’améliorer la qualité de vie de sa population (…) S’ils veulent mener ces réformes radicales qui ouvrent la voie à la liberté économique et, à terme, politique pour le peuple cubain, il est évident que les États-Unis seraient ravis de voir cela », a-t-il déclaré. Il a ajouté que « le peuple cubain souffrait depuis longtemps » et que « ce sont les autorités et le gouvernement qui en sont responsables ».
Il a par ailleurs prévenu que les sanctions pétrolières contre Cuba, que Washington a annoncé mercredi avoir allégées à des fins humanitaires, seront resserrées si Cuba violait « l’esprit » de l’assouplissement entre les deux pays.
Le gouvernement américain avait souligné mercredi qu’il n’interdisait pas totalement de revendre du pétrole d’origine vénézuélienne à Cuba, marquant une inflexion à l’égard de l’île communiste qui souffre du blocus énergétique imposé par les États-Unis.
Le service chargé des sanctions économiques au sein du ministère américain des Finances (OFAC) a publié une mise au point sur son site internet. Il s’y dit enclin à regarder d’un bon œil les demandes de licences issues d’acteurs souhaitant revendre, à Cuba, du pétrole pompé au Venezuela. Il affirme qu’il s’agit d’une mesure de « soutien et de solidarité au peuple cubain ». L’OFAC a ajouté que les transactions ne doivent en aucun cas bénéficier « à des personnes ou entreprises liées à l’armée cubaine, aux services de renseignement ou à d’autres institutions gouvernementales ».
Les relations entre Cuba et les États-Unis connaissent un regain de tension depuis l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines début janvier et l’arrêt par Caracas, sous pression de Washington, des livraisons de pétrole en direction de l’île communiste.
Les États-Unis, qui ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime sur l’île communiste de 9,6 millions d’habitants, appliquent une politique de pression maximum sur La Havane, invoquant la « menace exceptionnelle » que ferait peser sur la sécurité nationale américaine le pays situé à seulement 150 km des côtes de la Floride.