Pour la France et les pays occidentaux, il s’agit aussi de promouvoir leurs technologies auprès des États qui souhaitent développer l’énergie nucléaire, afin de concurrencer la Russie et la Chine sur ce marché.
Mais alors que la guerre au Moyen-Orient se poursuit depuis une dizaine de jours, la question de la prolifération du nucléaire militaire devrait être largement évoquée lors des discussions.
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Aujourd’hui, le nucléaire représente 10% de l’électricité produite dans le monde, avec 450 réacteurs, dans une trentaine de pays. Pour l’Élysée, ce sommet doit permettre d’encourager la construction de centrales nucléaires dans un maximum de pays afin, selon la présidence française, de « contribuer à la transition énergétique et d’assurer l’indépendance de chacun ».
Le pays, l’une des principales puissances nucléaires civiles du monde avec 57 réacteurs, espère voir émerger « une nouvelle dynamique » dans la continuité de la déclaration de la COP28 à Dubaï visant à tripler les capacités nucléaires installées à l’horizon 2050.
Le risque de prolifération en débat
Reste une interrogation : le développement du nucléaire civil peut-il favoriser l’essor du nucléaire militaire ? Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en physique nucléaire, estime que les deux programmes reposent sur des bases différentes. « Ce n’est pas parce qu’on a un programme nucléaire civil qu’on sera capable de faire un programme nucléaire militaire. Techniquement, il y a quand même des choses très différentes », souligne-t-elle au micro de Pierre Olivier pour RFI.
Elle précise toutefois que les compétences acquises dans le civil peuvent, dans certains cas, être réorientées vers le militaire. « À partir des compétences créées autour du nucléaire civil, on peut les réorienter vers le nucléaire militaire. Mais vous voyez bien que cela relève d’un projet politique », poursuit l’enseignante-chercheuse.
Pour mieux contrôler l’utilisation du nucléaire par les États, la chercheuse plaide pour un renforcement du cadre juridique international. « Il faudrait d’abord et avant tout que, lorsqu’on développe l’énergie nucléaire, on soit une démocratie », estime-t-elle, ajoutant que cela pourrait être inscrit dans l’architecture juridique internationale. « Il faudrait qu’il y ait une clause de confiance. Le mot d’ordre, c’est être responsable. »
Plusieurs experts recommandent également de donner davantage de moyens juridiques à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin de renforcer ses capacités de contrôle.