Guerre au Moyen-Orient: les pays du Golfe inquiets après les frappes sur les installations gazières

Les installations de production de gaz naturel liquéfié (GNL) de QatarEnergy, à Ras Laffan Industrial City, au Qatar, le 2 mars 2026.
Les installations de production de gaz naturel liquéfié (GNL) de QatarEnergy, à Ras Laffan Industrial City, au Qatar, le 2 mars 2026.© REUTERS – Stringer

Le premier pays à réagir est le Qatar, qui exploite le champ gazier de South Pars avec l’Iran. L’attaque visant les installations gazières à Kangan est « une démarche dangereuse et irresponsable », selon le porte-parole de son ministère des Affaires étrangères. Un « danger » souligné aussi quelques heures plus tard par la diplomatie émirienne, qui relève également « une menace directe pour la sécurité énergétique mondiale » et dénonce un bombardement aux « graves répercussions environnementales ».

En près de trois semaines de guerre, les monarchies du Golfe ont constaté que leurs infrastructures énergétiques sont des cibles pour Téhéran, et les bombardements d’installations iraniennes offrent un argument à la République islamique pour multiplier ses attaques sur les infrastructures de ses voisins. Samedi 14 mars, après des bombardements américains visant l’île de Kharg, principal port d’exportation du pétrole de l’Iran, Téhéran avait menacé de s’en prendre en représailles aux installations pétrolières des compagnies coopérant avec les États-Unis.

« C’est aussi leur modèle de développement qui est remis en cause »

Les pays du Golfe « n’ont pas été consultés, ils n’ont pas approuvé cette guerre. Ils se sont gardés jusqu’à présent de s’y rallier, malgré les pressions des Américains, semble-t-il, qui souhaiteraient effectivement élargir cette coalition bilatérale à d’autres partenaires. Ils sont effectivement très inquiets parce que c’est aussi leur modèle de développement qui est remis en cause, leur capacité aussi de mener à bien des projets importants, même s’ils disposent de réserves financières considérables. Mais plus tôt le conflit s’arrêtera, mieux ce sera et en même temps, on voit bien que si le conflit doit s’arrêter, ils souhaitent que les Américains aient suffisamment avancé dans le sens de l’objectif de réduction significative des capacités offensives de l’Iran, de manière à ne pas se retrouver demain avec un régime failli, mais qui serait toujours en place et qui serait une menace pour les voisins du Golfe », analyse au micro de RFI l’ancien ambassadeur français en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, François Gouyette.

Ces communications des pays arabes du Golfe soulignent leur inquiétude mais surtout leur réprobation de ces frappes. Dans son communiqué, le Qatar accuse nommément Israël d’être responsable du bombardement de ce mercredi. Une critique frontale du pays dont l’action au Moyen-Orient est jugée de plus en plus sévèrement par les monarchies du Golfe.

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