De nombreuses personnalités de gauche étaient présentes, dont l’ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS Laurent Fabius, Édith Cresson ou encore Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls.
Le cercueil a fait son entrée à 11h05 (10h05 TU) dans la cour, sur une marche funèbre, au pas du tambour. Cela avant l’éloge funèbre du chef de l’État, la sonnerie « Aux Morts », une minute de silence et la Marseillaise. Quelques centaines de personnes ont assisté à une cérémonie très sobre, à l’image de l’ancien Premier ministre.
Les obsèques de Lionel Jospin, décédé à l’âge de 88 ans, se sont ensuite déroulées l’après-midi au cimetière parisien du Montparnasse. Plusieurs invités ont évoqué des aspects plus personnels de Lionel Jospin, dont un humour qui se révélait dans l’intimité. Mélomane, il a été accompagné par « Les Feuilles mortes » d’Yves Montand, joué au moment où sa dépouille quittait les Invalides.
La décision de rendre un hommage national à Lionel Jospin a été prise très rapidement après l’annonce de son décès. Comme c’est l’usage, l’Élysée l’a proposé à la famille de l’ancien Premier ministre socialiste, qui a accepté. Emmanuel Macron a prononcé un discours pour saluer la mémoire de celui qui a passé cinq ans à Matignon en période de cohabitation, une performance quand on compare cette longévité à la succession des chefs de gouvernement ces dernières années, rapporte notre journaliste du service politique, Valérie Gas.
Des hommages de tous bords
Emmanuel Macron a voulu ainsi rendre hommage à un homme politique dont l’exigence, la droiture, la rigueur morale ont été unanimement saluées, même par ses adversaires politiques. Le chef de l’État a salué « une certaine idée de la République, une grande rigueur et une grande exigence intellectuelle ».
Il a également souligné que « Lionel Jospin a modernisé la vie économique, sociale et démocratique de la nation de manière inédite ». Les années Jospin, ce sont notamment les 35 heures, le Pacte civil de solidarité (PACS) et la couverture maladie universelle.
« C’est assez rare des personnalités qui gouvernent la France pendant cinq ans. Cela a marqué les Français, cela a marqué le peuple de gauche », ajoute-t-on dans l’entourage du président français, même si Emmanuel Macron lui-même connaissait peu l’ancien Premier ministre, de 40 ans son aîné.
François Hollande a évoqué l’échec de l’élection présidentielle de 2002 : « Quand un Premier ministre qui était candidat à l’élection présidentielle, qui avait un bilan comme rarement il a été possible d’en présenter, n’a pas pu accéder au second tour, parce que dispersion de la gauche, oubli de l’enjeu essentiel ».
Martine Aubry, elle, a estimé que Lionel Jospin « va manquer à l’ensemble du monde politique parce que la rigueur morale et l’intégrité intellectuelle, tout le monde devrait se l’appliquer ».
Marine Le Pen elle-même – fille de Jean-Marie Le Pen, celui qui avait privé Lionel Jospin du second tour de l’élection présidentielle le 21 avril 2002 – a évoqué « un homme de gauche intègre ».
Jean-Luc Mélenchon se plaint de ne pas avoir été invité
Au Parti socialiste (PS), l’organisation de cet hommage était attendue. Avec la mort de Lionel Jospin, c’est une page de l’histoire du PS, dont il a été longtemps premier secrétaire, qui se tourne.
Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, lui, s’est plaint de ne pas avoir été invité. Il affirme avoir été prévenu trop tard. L’Élysée et les proches de l’ancien Premier ministre décédé dimanche assurent le contraire. « Cher Lionel, j’ai été triste d’apprendre qu’on te rendrait hommage aux Invalides et que je n’y étais pas invité. Quels que soient les désaccords que tu as eus avec moi, je ne crois pas que tu aurais apprécié cette brutalité sectaire », écrit le leader insoumis sur son blog.
Interrogé par l’AFP, l’Élysée affirme que Jean-Luc Mélenchon a été invité au titre d’ancien membre du gouvernement Jospin, puisqu’il avait été ministre délégué à l’Enseignement professionnel de 2000 à 2002. Même réponse chez les proches de l’ancien Premier ministre.
Les derniers hommages nationaux ont été rendus à Robert Badinter, qui incarna le combat pour l’abolition de la peine capitale, le 14 février 2024 place Vendôme, et à Jacques Delors, figure européenne, le 5 janvier 2024 aux Invalides.