La France propose aux États-Unis et à l’Iran de « traiter la question d’Ormuz à part » du reste du conflit et des négociations, car « elle est d’intérêt commun » et propose de lancer une mission multinationale pour sécuriser ce très stratégique bras de mer.
La solution au conflit ne viendra ni des États-Unis ni de l’Iran, il faut donc permettre aux belligérants de ne pas perdre la face, dit-on à Paris. L’alternative ou la troisième voie pourrait s’articuler autour du porte-avions français. Le Charles-de-Gaulle est naturellement un agrégateur de force, il est toujours accompagné d’une escorte de frégates.
État-major embarqué
Ce groupe aéronaval est aussi doté d’un état-major embarqué. Quelque 80 personnes avec à sa tête un amiral, il est donc taillé pour planifier et piloter une telle opération de déconfliction, et il peut accueillir des officiers de liaison.
Ces opérations de sécurisation sont d’ailleurs bien connues des marins français. En 1988 avec l’opération Prométhée, le groupe aéronaval français avait déjà sécurisé Ormuz. Et plus récemment, en mer Rouge, l’opération Aspidès sous l’égide de l’Union européenne a permis de protéger le trafic maritime.
Une coalition à l’image des volontaires pour l’Ukraine
Pour bâtir cette coalition, à l’image de la « Coalition des volontaires » pour l’Ukraine, l’Amirauté britannique travaille étroitement avec l’état-major des armées à Paris. Les Pays-Bas et l’Italie, qui ont des frégates dans l’océan Indien, pourraient facilement intégrer le dispositif. Le Japon a également manifesté son intérêt, l’Inde en revanche n’a pas répondu aux sollicitations.
Cette opération navale, qui s’inscrirait dans la durée, n’aurait aucun lien avec les États-Unis, et ne serait pas une militarisation du détroit, insistent les militaires. « On ne créera pas de réassurance par la force », disent les marins, et de préciser qu’ils n’escorteront pas les bâtiments civils, mais plutôt qu’ils les accompagneront à travers le détroit d’Ormuz.
Les mots ont un sens, d’un point de vue légal, escorter ferait d’eux des belligérants.