Soudan: à Berlin, la communauté internationale promet de lever 1,5 milliard d’euros d’aide humanitaire

La conférence internationale sur le Soudan à Berlin, mercredi 15 avril 2026.
La conférence internationale sur le Soudan à Berlin, mercredi 15 avril 2026.© AP – Michael Kappeler

Plus d’1,5 milliard d’euros ont été réunis lors de la rencontre organisée par l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Union africaine et l’Union européenne. La moitié de ces promesses ont été réalisées par les pays européens et la contribution allemande s’élève à 230 millions, précise notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Les promesses récoltées dans la capitale parmi 55 États dépassent celles de la précédente conférence à Londres, où avaient été récoltés 850 millions d’euros, selon le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul.

Mais ces engagements – près du double des sommes récoltées lors de la dernière conférence de Londres – ne suffiront pas à couvrir les énormes besoins créés par « la pire crise humanitaire au monde », d’après l’ONU. Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, estime que « nous avons besoin de 2,2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) » pour cette année.

« Plus de 20 millions de personnes au Soudan souffrent de la faim aiguë »

La crise au Soudan a fait désormais plus de 13 millions de déplacés dans le pays et ses voisins, selon Johann Wadephul, et le nombre de morts « se chiffre probablement en centaines de milliers ». « Plus de 20 millions de personnes au Soudan souffrent de la faim aiguë, soit la moitié de la population » du pays, estimée à quelque 50 millions d’habitants, a-t-il ajouté.

Ce conflit est un « cauchemar » qui doit « prendre fin », a affirmé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, exigeant un cessez-le-feu immédiat. « Les parties belligérantes, à commencer par les FSR, ont le devoir de garantir aux organisations humanitaires un accès total, sûr et sans restriction, aux populations civiles », poursuit de son côté Johann Wadephul, indique notre correspondante à Berlin, Delphine Nerbollier.

Les participants ont aussi appelé à un embargo réel sur les armes. « Le temps est venu d’étendre l’embargo sur les armes des Nations unies à l’ensemble du territoire soudanais. Certains États s’y opposent, comme la Russie. Cette attitude irresponsable rappelle, s’il le fallait, l’hypocrisie de la Russie au Soudan et dans le reste de l’Afrique », explique le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

Cinquante-quatre pays et 61 délégations participaient à la rencontre de Berlin où les belligérants, l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide n’étaient pas invités. Aucune percée n’a donc pu être atteinte sur une éventuelle trêve. Les participants réunis à Berlin appellent « tous les acteurs ayant une influence sur les parties au conflit » à ce « qu’ils intensifient la pression » sur celles-ci, a insisté le ministre allemand des Affaires étrangères.

Au-delà de la destruction des infrastructures, la guerre a précipité davantage la population dans l’insécurité alimentaire et la misère. La famine a été déclarée l’an dernier dans les capitales du Nord-Darfour, El-Fasher (sud-ouest), et du Kordofan-Sud, Kadougli (sud), avec 20 autres zones à risque, selon l’ONU.

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