Hussein Ezzedine a fui son village de Zaoutar el-Gharbiyé dans le sud du Liban. Il a perdu sa maison, ses plantations et ses 35 moutons dans les bombardements, dont certains au phosphore blanc.
« J’ai su que c’était du phosphore grâce à la télévision : ils ont frappé Zaoutar el-Gharbiyé avec du phosphore. On le sent dans la terre, la terre a changé depuis cette guerre, il n’y a plus de rendement, vous voyez ? », indique Hussein Ezzedine.
Sader Hachem a ses terres à Mansouri, proche de la frontière. Une zone bombardée au phosphore blanc le 19 mai dernier, selon l’ONG Greensoutherners. Sa terre n’a pas été directement touchée, mais il s’inquiète :
« Les dégâts seraient imprévisibles, honnêtement. C’est une terre morte. Une terre véritablement morte. Je ne suis même pas sûr que le sol puisse être restauré », se désole Sader Hachem.
Une utilisation documentée à de nombreuses reprises
Arme incendiaire, le phosphore blanc est interdit par le droit international lorsqu’il est utilisé dans des zones civiles fortement peuplées. L’ONG Human Rights Watch a documenté ce genre de cas à de nombreuses reprises.
« L’utilisation illégale et répétée du phosphore blanc par Israël au Liban ainsi que l’usage illégal d’autres armes et les attaques menées dans le pays, qui ont tué des civils à un rythme alarmant, devraient servir de signal d’alarme aux États qui continuent de fournir des armes à Israël… », alerte Ramzi Kaiss, chercheur.
Les ONG et les autorités libanaises dénoncent une véritable politique de la terre brûlée employée par l’armée israélienne au sud du Liban.