Aux États-Unis, Donald Trump veut se réapproprier les 250 ans de l’indépendance

Le président Donald Trump salue la foule à son arrivée à la Maison Blanche, dimanche 31 mai 2026, à Washington.
Le président Donald Trump salue la foule à son arrivée à la Maison Blanche, dimanche 31 mai 2026, à Washington.AP Photo/Alex Brandon – Alex Brandon

Les grandes festivités du 250e anniversaire des États-Unis tourneraient-elles au fiasco ? Ou plutôt au meeting politique ? Après l’annulation de cinq des neuf artistes censés se produire sur la scène du National Mall de Washington, Donald Trump s’est lancé dans une opération sauvetage de l’événement dont le personnage principal serait… sa propre personne.

L’affiche était pourtant belle. Pendant près de 15 jours, du 25 juin au 10 juillet, des artistes comme Martina McBride, The Commodores (dont Lionel Richie est membre), The Time ou encore le rappeur Young MC et le chanteur Bret Michaels devaient se produire lors du festival Grate American State Fair. Présenté comme une « célébration » avec « des pavillons représentant les 56 États et territoires » des États-Unis, l’événement est organisé par l’association « non partisane » Freedom 250.

Mais voilà, l’organisation est financée via un partenariat public-privé. À regarder de plus près les « partenaires patriotes » affichés en bas de son site internet, certains porte-monnaie sont des sociétés proches de la galaxie Make America Great Again (Maga) – « Redonner sa grandeur à l’Amérique » en français –, comme l’entreprise de surveillance Palantir, ou encore le développeur de base de données Oracle et le producteur d’armes de haute technologie Lockheed Martin.

Nombre des artistes invités ont ainsi flairé que l’administration de Donald Trump serait également de la partie, provoquant une réaction épidermique chez certains d’entre eux avant même que la présence du président américain ne soit officialisée. « La musique a toujours été notre voix et nous refusons de l’assimiler à un quelconque parti politique », se sont rétractés The Commodores dans un message sur Instagram. « Jusqu’à présent, Morris Day et Young MC se retirent du festival Trump 250 (…) Beaucoup des artistes n’ont pas été informés de la raison de leur venue », a pour sa part partagé Young MC sur la même plateforme. « On m’a proposé de me produire lors d’un événement apolitique, mais cela s’est avéré trompeur », a renchéri Martina McBride sur X.

Un rassemblement géant à son image

Dans un communiqué diffusé le 30 mai et cité par le New York Times, un porte-parole de l’organisation a annoncé que le festival serait bel et bien inauguré par le président américain. Sur son réseau Truth Social, ce dernier a tout bonnement suggéré d’animer lui-même la soirée et de remplacer des « ​​​​​​​artistes de troisième zone grassement payés », se qualifiant, à la troisième personne, de « meilleure attraction dans le monde (…) ayant une bien meilleure audience qu’Elvis Presley même ».

Pour concrétiser le projet, le pensionnaire de la Maison Blanche a « ordonné à ses représentants » d’étudier les possibilités de changer le programme afin d’organiser un rassemblement géant, intitulé MAKE AMERICA GREAT AGAIN, même lieu, même heure, à savoir le 24 juin. Seuls les « ​​​​​​​grands patriotes » pourront y assister.

Se donnant le temps de la réflexion, Donald Trump a, quelques heures plus tard, remis une couche en plaidant pour l’organisation de son événement et en demandant tout bonnement l’annulation des concerts. Dans ce second message posté dans la nuit du 30 au 31 mai, le président des États-Unis a une nouvelle fois mélanger torchons et serviettes en évoquant, avec une pointe de frustration, le refus par un juge de renommer le Kennedy Center en son nom.