France: accusé d’antisémitisme, Bardella a effacé les données d’un compte Facebook, assure le Canard enchaîné

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, le 6 octobre 2026 à Paris.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, le 6 octobre 2026 à Paris. REUTERS – Sarah Meyssonnier

Secoué depuis le 28 septembre et les révélations de Mediapart sur d’anciens écrits antisémites sur Facebook qui lui sont attribués, Jordan Bardella est à nouveau dans la tourmente. Le président du Rassemblement national (RN), qui dément ces accusations, voit sa défense mise à mal par le Canard enchaîné ce 9 octobre. Le journal satirique contredit les récentes dénégations de l’homme politique qui affirmait, mardi 6 octobre, qu’il n’avait « pas de compte Facebook » et qu’il « n’utilis(ait) plus depuis très longtemps » ce réseau social.

Or, le Canard enchaîné assure « disposer d’extractions de conversations privées » prouvant que « toutes les données » d’un compte dont Jordan Bardella se servait dans ses jeunes années de militant au Front national (ancien nom du RN) « ont été effacées entre le 28 septembre et le 2 octobre », soit dans la foulée des premiers articles de Mediapart.

Le compte Facebook évoqué par le Canard enchaîné n’est toutefois pas celui à partir duquel l’actuel président du RN est accusé d’avoir échangé des messages ouvertement antisémites en 2013, alors qu’il était âgé de 17 ans.

Le RN dénonce encore « des manipulations », Mediapart pointe de nouveaux messages

Le RN a aussitôt démenti une « information fausse ». « Jordan Bardella ne s’est jamais connecté à aucun compte Facebook ni (n’a) supprimé aucun message », ce qui est « bien la preuve des manipulations en cours », a réagi son entourage, annonçant qu’une plainte en diffamation « sera déposée dans les prochaines heures ».

De son côté, Mediapart a mis au jour, en croisant les archives, des messages similaires, fautes d’orthographe incluses, à quelques heures d’intervalle sur les deux réseaux sociaux. Par exemple lorsqu’il écrivait au sujet d’Emmanuel Macron, sans le nommer, « le conseiller économique de François Hollande, employé par la banque Rotschild » – écorchant à chaque fois de la même manière le célèbre patronyme juif. Ou encore lorsqu’il accusait tour à tour « la gauche » puis « les socialistes » d’avoir « voté les pleins pouvoirs à Pétain ».

Sur le réseau social X, Jordan Bardella a adopté, contre le Canard enchaîné, la même ligne de défense que contre Mediapart : « C’est bien sûr totalement faux. Et une nouvelle plainte en diffamation suivra. »