France: des milliers de personnes rassemblées pour soutenir la famille du Mauritanien El Hacen Diarra

Au cri de « On n'est pas contre la police, on est contre la police qui nous tue », plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche 25 janvier 2026 à Paris pour soutenir la famille d'El Hacen Diarra, un Mauritanien mort en garde à vue dans la nuit du 14 au 15 janvier dernier.
Au cri de « On n’est pas contre la police, on est contre la police qui nous tue », plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche 25 janvier 2026 à Paris pour soutenir la famille d’El Hacen Diarra, un Mauritanien mort en garde à vue dans la nuit du 14 au 15 janvier dernier.© Blanca Cruz / AFP

Une semaine après un premier rassemblement, une foule de visages endeuillés s’est réunie au pied du foyer de travailleurs migrants dans le nord-est de la capitale française, où vivait le trentenaire et devant lequel il a été violemment interpellé. Une pluie froide et sans fin s’abat sur les parapluies qui forment un toit multicolore dans l’étroite rue Saint-Léger. C’est là que se trouve le foyer des Mûriers.

El Hacen Diarra occupait la chambre porte 621. Moussa a longtemps habité le foyer, il décrit un camarade souriant et discret qui aimait bien sortir de sa chambre pour prendre l’air. « Je connais très très bien El Hacen Diarra. Il descendait, buvait son café tranquillement. Jamais d’embrouille avec les gens. Tout le monde connaît El Hacen Diarra, c’est un mec calme, tranquille. […] On est très triste, franchement… »

Mohamed est Mauritanien. Cet après-midi il voulait absolument participer au rassemblement. « En fait, je suis indignée par ce qui s’est passé. Je suis là aussi pour soutenir, pas seulement un monsieur qui a été assassiné, mais toutes les victimes de violences policières », soutient-t-il.

Je pense qu’on ne devrait pas s’arrêter juste aux manifestations. Il faudrait aussi qu’on s’organise en tant que diaspora africaine pour voir comment éviter que ces choses se répètent, pour faire face à ces injustices. En fait, pour que les gens comprennent, la violence policière n’en a que faire pour quelqu’un de doux ou de tranquille. C’est le racisme qui opère depuis un certain moment et de manière très violente.

Les manifestants demandent que justice soit faite

Victoire se frotte les mains, il fait froid ce dimanche et pas seulement dans les cœurs. La jeune femme sait bien que la police des polices a été saisie d’une enquête. Il n’empêche, pour elle la mobilisation doit continuer.

« Il est inacceptable aujourd’hui que quelqu’un qui est en train de boire son café et qui soit en train de fumer un joint ou pas par ailleurs – parce que, jusqu’à présent, fumer un joint n’est pas passible de la peine de mort en France – soit assassiné par la police en toute impunité, que les auteurs ne soient pas condamnés comme on a pu le voir dans un très grand nombre de cas de violences policières et de meurtres policiers, et que ça ne fasse pas l’objet d’un débat national et d’une réforme généralisée de la police et des pratiques racistes », s’indigne la manifestante.

Comme d’autres rassemblés ici, Victoire veut que justice soit faite. En attendant elle sera de tous les rassemblements.

Enquête en cours

Une enquête a été ouverte et des examens complémentaires à l’autopsie ont été ordonnés. Les deux policiers qui ont interpellé El Hacen Diarra « sont toujours en exercice », a expliqué l’élue locale communiste Anne Baudonne auprès de nos confrères de l’AFP. « On ne comprend pas pourquoi le ministre de l’Intérieur n’a pas trouvé légitime de les suspendre. »

« Rien ne dit, à ce stade, quelles sont les causes de la mort », a répondu le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez dans un entretien dimanche au journal Le Parisien, ajoutant que « le fonctionnaire qui, sur les images, met deux coups de poing, devra s’expliquer. »

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