« Merz va te faire foutre » : le message et son destinataire sont clairs. Au pied de la porte de Brandebourg quelques milliers de jeunes et de moins jeunes sont rassemblés, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. L’objectif est d’obtenir du gouvernement allemand des concessions sur les revendications des manifestants qui se sont mobilisés à l’appel du mouvement « La Génération Z s’en charge ! ».
« Nous sommes contre les coupes sociales et nous exigeons du gouvernement Merz qu’elles soient remises en cause, nous demandons plus d’investissements pour l’éducation et le social. Nous sommes également contre la guerre et le réarmement. Nous voulons aujourd’hui rejoindre le mouvement mondial de la jeunesse », explique Veronika Dinter, une des porte-paroles du mouvement.
Si les organisateurs évoquent un chiffre global de 180 000 personnes, la police estime, elle, que la mobilisation a été souvent sensiblement inférieure. Mais les jeunes Allemands dont les revendications font écho à celles de leurs voisins ne voulaient pas être en reste. « Cette lueur d’espoir a le visage des lycéens français des banlieues, de Paris et d’ailleurs qui ont montré au monde entier quelle puissance notre mobilisation peut avoir », souligne Veronika Dinter.
« L’espoir se répand à travers l’Europe »
Les protestations ont été dans l’ensemble pacifiques. Katja Schwab une autre porte-paroles de la manifestation berlinoise qui a eu lieu au pied de la porte de Brandebourg, fait part de sa colère.
« Je suis en colère, toute ma génération est en colère. Nous avons grandi dans un monde où on nous a expliqué que si on travaillait, tout irait bien pour nous. Aujourd’hui, on nous dit tous les jours que nous sommes paresseux, que nous devrions la fermer, que nous devrions être moins exigeants. Dans ces conditions, ma génération n’a rien à attendre du futur. La normalité dans laquelle nous vivons est effrayante. »
« Notre monde est secoué par des crises ; aucune alternative ne semble possible. Nous voulons un autre avenir. En ce mois d’octobre 2026, notre génération est de retour sur la scène politique. Comme une traînée de poudre, l’espoir se répand à travers l’Europe », estime Katja Schwab.
Des affrontements à Hambourg, Cologne et Francfort
Mais des violences étaient redoutées par certains. Des magasins s’étaient d’ailleurs barricadés. C’est à Francfort que les violences ont été les plus importantes : la police a dû faire face à des manifestants lançant des pierres, des feux d’artifice et des cocktails Molotov.
« Des émeutes violentes » se sont produites dans la soirée, avec des cocktails Molotov lancés sur les équipes d’intervention, a indiqué la police dans un communiqué. « Les vitrines de plusieurs magasins ont été brisées », a-t-elle précisé. Un magasin d’armes figure parmi les commerces pris pour cible, dont les vitrines ont été brisées. La police a indiqué avoir arrêté un suspect et saisi deux armes. Au moins un policier a été blessé.
La police a également utilisé des canons à eau dans les villes de Hambourg et de Cologne après que, selon elle, des manifestants ont pris pour cible les secouristes avec des feux d’artifice, des pierres et des bouteilles.