France: Cédric Jubillar avoue le meurtre de son épouse après cinq ans de dénégations

Cédric Jubillar, le 22 septembre 2025, lors de la première journée de son procès.
Cédric Jubillar, le 22 septembre 2025, lors de la première journée de son procès. AFP – LIONEL BONAVENTURE

Alors qu’il niait toute implication depuis des années, Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, disparue près de Toulouse dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 et introuvable depuis. Cette révélation constitue un changement de ligne de défense à deux mois de son procès en appel. Elle est consignée dans un courrier manuscrit adressé à son avocat Pierre Debuisson, auquel le quotidien régional La Dépêche du Midi a eu accès. Elle intervient quelques mois après un changement d’avocat.

Sollicité par l’AFP, Me Debuisson a confirmé « des aveux » et « son souhait de reconnaître sa culpabilité dans la disparition de sa femme Delphine ». Au cours de visites au parloir de la prison, Pierre Debuisson dit à la Dépêche du Midi avoir tissé un « lien de confiance » avec son client. « Au fil de nos rencontres, il a reconnu sa participation dans cette affaire, avec soulagement (…) Dans cette démarche, il veut aussi donner une sépulture à la mère de ses deux enfants ».

Cédric Jubillar assure n’avoir « jamais eu l’intention de tuer son épouse »

Guy Debuisson, l’associé et père de Pierre Debuisson, a assuré à BFMTV que Jubillar n’avait « jamais eu l’intention de tuer son épouse ». Cela laisse ainsi entendre que sa défense va contester la notion d’homicide pour privilégier celle de coups mortels dans la mort de Delphine Jubillar.

Pour l’avocat représentant les deux enfants du couple Jubillar, Me Laurent Boguet, le peintre-plaquiste, dont le procès en appel doit commencer le 21 septembre, « va chercher à minimiser les enjeux pour obtenir sans doute une diminution de peine ». « Clairement Cédric Jubillar suggérera à la cour d’assises de s’interroger sur la notion de coups mortels. Il va contester la notion d’homicide, qui se rattache à l’intention de tuer », a déclaré Me Boguet à l’AFP.

Me Debuisson précise que Cédric Jubillar poursuivra ses révélations quand il sera entendu par la justice. Outre ses aveux de culpabilité, Cédric Jubillar, condamné à 30 ans de réclusion en octobre sur la base d’un faisceau d’indices, se dit prêt à donner des indications sur l’endroit où il a dissimulé le corps de la victime. Dans le courrier transmis à Me Debuisson, il évoque une dispute sans en indiquer les circonstances.

Indices à charge

Cédric Jubillar est détenu depuis juin 2021 à l’isolement par mesure de sécurité. Malgré l’absence d’aveux et de corps, la cour d’assises avait estimé en octobre que le meurtre de Delphine Jubillar était « caractérisé », pas convaincue par les dénégations de l’accusé.

La juridiction avait également estimé que des témoignages recueillis, le fait que la personnalité de l’accusé était « compatible » avec le passage à l’acte, ainsi que sa non-acceptation du départ de son épouse pour un autre homme, constituaient des éléments suffisants pour établir sa responsabilité.

Parmi les indices à charge, la seule paire de lunettes que portait la victime, déjà abîmée, avait été retrouvée en morceaux, des dommages ayant pu être provoqués par un poing d’adulte, selon une double expertise. Un des enfants du couple, âgé de 6 ans, avait aussi raconté avoir vu ses parents se bousculer ce soir-là. Deux voisines, résidant à 150 mètres, avaient elles entendu des cris de femme et des aboiements vers 23h.