C’est une victoire qui fait basculer très à droite la Colombie. La promesse d’Abelardo de la Espriella, nouveau président : mater les groupes de armés liés au trafic de drogue. Bien que novice en politique, cet avocat a remporté le second tour de l’élection présidentielle, dimanche 21 juin. Celui qui s’est présenté comme un oustider et un patriote s’est imposé devant le candidat de gauche, Ivan Cepeda.
Plus de 99% des bureaux de vote ont transmis leurs résultats, et Abelardo de la Espriella recueille plus de 49,65% des suffrages, selon les résultats préliminaires. Avec 48,71% des voix, Ivan Cepeda ne peut rattraper ce retard.
Quelque 41 millions d’électeurs étaient appelés à se rendre aux urnes pour ce scrutin décisif face à la résurgence de la violence des groupes armés. Dans le nord de Bogota, des klaxons ont retenti à l’annonce des résultats. Abelardo de la Espriella, millionnaire de 47 ans, a connu une ascension fulgurante avec un discours virulent contre les guérillas et la gauche, au pouvoir pour la première fois de l’histoire de la Colombie avec le président sortant Gustavo Petro.
Le nouveau président colombien est un admirateur et un allié de Trump, Bukele et Milei
Face à lui, le sénateur Ivan Cepeda, 63 ans, a été porté par la popularité de son allié Gustavo Petro, notamment parmi les classes populaires reconnaissantes pour la réduction de la pauvreté et les salaires plus élevés dans l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Mais c’est bien celui qui se fait appeler « Le Tigre » qui va prendre les commandes de la Colombie.
Abelardo de la Espriella a répété, tout au long de la campagne électorale, vouloir « défendre la Colombie par la raison ou par la force », à l’opposé de la politique de Gustavo Petro visant à négocier la paix avec les groupes armés. Admirateur des présidents salvadorien Nayib Bukele, argentin Javier Milei et américain Donald Trump, le représentant de la droite dure a promis de faire construire des méga-prisons où les détenus seraient nourris « de pain et d’eau », de bombarder les camps de narcotrafiquants avec le soutien des États-Unis et d’Israël, et de réduire de 40% l’appareil d’État.
Critiqué pour ses déclarations misogynes et homophobes et pour avoir défendu des paramilitaires et trafiquants de drogue, Abelardo de la Espriella soutient également le port d’armes et l’essor de la fracturation hydraulique. Les relations avec Washington, allié historique de Bogota, ont été un autre marqueur de la campagne. La Colombie devient le dernier pays latino-américain en date à passer à droite après l’Argentine, le Chili ou l’Équateur.