Allemagne: le chancelier Merz critiqué dans son propre camp après un remaniement chaotique

Le chancelier allemand Friedrich Merz, le 29 juillet 2026 à Berlin.
Le chancelier allemand Friedrich Merz, le 29 juillet 2026 à Berlin. AP Photo/Markus Schreiber – Markus Schreiber

Il voulait s’offrir un peu d’air et relancer son mandat, mais l’opération est totalement ratée pour Friedrich Merz. Son remaniement improvisé et bâclé a crée une bronca, mercredi 29 juillet, dans les rangs pourtant habituellement disciplinés des conservateurs allemands. Pour Paul Maurice, expert à l’Institut français des relations internationales, l’épisode illustre les failles du chancelier :

« C’est probablement un manque de sens politique surtout du fait que, visiblement, Friedrich Merz prend les décisions seul, sans vraiment se concerter. En voulant diriger lui-même, en voulant contrôler lui-même, il fait un certain nombre de fautes. Et on voit qu’aujourd’hui, ces difficultés ont des effets très négatifs sur la manière dont il est perçu et sur la manière dont son parti le perçoit. »

Avec plus de 80% d’opinions défavorables après seulement un an au pouvoir en Allemagne, Friedrich Merz est aujourd’hui le dirigeant le plus impopulaire. Mais Paul Maurice ne croit pas à un départ anticipé, car il n’y a personne prêt à le remplacer maintenant. Sa seule issue possible est d’avancer dans son programme : « S’il arrive à pousser ses réformes et à les faire avancer très rapidement, cela pourrait aussi redonner confiance dans sa politique de la part d’une partie de la population. Mais là, le désamour est tellement fort que cela va prendre du temps. »

Mais il est peut-être déjà trop tard pour redresser la barre. En septembre, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), le parti chrétien-démocrate d’où est issu le chancelier, pourrait perdre une région au profit de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), l’extrême droite que Friedrich Merz avait promis de combattre.