Avec notre correspondante à Ankara, Anne Andlauer
Les navires de commerce en transit dans les détroits turcs ne paient pas de péage à proprement parler. Mais cela ne veut pas dire que le passage est gratuit.
En vertu de la Convention de Montreux de 1936, qui régit la navigation dans le détroit du Bosphore et celui des Dardanelles, la Turquie perçoit des recettes des navires qui transitent sans faire escale dans un port des détroits. Ce sont des taxes sur trois services définis par la Convention : le contrôle sanitaire, la signalisation comme les phares et les bouées, et enfin le sauvetage.
La Convention précise aussi le montant de ces taxes, indexées sur le franc-or et calculées en fonction du tonnage net des bateaux. Pendant des décennies, la Turquie a maintenu fixe la valeur du franc-or à 0,80 dollar. Mais depuis un décret présidentiel de 2022, cette valeur est mise à jour chaque année au 1er juillet. Actuellement, elle est de 5,83 dollars.
Cela a eu pour effet d’augmenter significativement les revenus générés par le transit dans les détroits. La Turquie a ainsi touché plus de 227 millions de dollars en 2024 – le dernier chiffre disponible – pour le passage d’environ 51 000 navires de commerce.