Les États-Unis annoncent un accord de coopération sur le nucléaire avec l’Arabie saoudite

Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright (au centre à gauche), et le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salman (au centre à droite), échangent des dossiers sous le regard du président américain Donald Trump (à gauche) et du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à droite) lors d'une réunion bilatérale à Riyad, le 13 mai 2025. Les États-Unis ont annoncé le 22 juillet 2026 avoir conclu un accord de coopération sur le nucléaire avec l'Arabie saoudite
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright (au centre à gauche), et le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz ben Salman (au centre à droite), échangent des dossiers sous le regard du président américain Donald Trump (à gauche) et du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à droite) lors d’une réunion bilatérale à Riyad, le 13 mai 2025. Les États-Unis ont annoncé le 22 juillet 2026 avoir conclu un accord de coopération sur le nucléaire avec l’Arabie saoudite AFP – BRENDAN SMIALOWSKI

Cité dans le communiqué, le ministre américain de l’Énergie Chris Wright a assuré que l’accord – qui comporte aussi un volet sur la non-prolifération du nucléaire militaire – vise à « renforcer les relations commerciales entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, à assurer la prospérité chez nous et la sécurité de nos alliés à l’étranger ».

Le partenariat conclu entre les deux pays permettra « de développer les exportations américaines de technologies nucléaires » et de « créer des emplois bien rémunérés aux États-Unis », est-il précisé dans le document. Il ouvre la voie à la construction de centrales nucléaires en Arabie saoudite, qui dépend pour l’heure des centrales au gaz et au pétrole pour produire son électricité. L’accord signé par M. Wright et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salman, doit encore être soumis au Congrès américain, mais celui-ci, à majorité républicaine, ne devrait pas s’opposer à sa mise en œuvre.

L’annonce intervient alors que les États-Unis ont repris leur conflit contre l’Iran, un rival de Riyad. En entrant en guerre au côté d’Israël fin février, Washington a notamment dit vouloir empêcher définitivement Téhéran de se doter de l’arme atomique. La République islamique nie cette intention, mais défend son droit au nucléaire civil.

Les médias américains avaient ébruité la signature de l’accord avec l’Arabie saoudite en début de journée, ce qui avait fait bondir de plus de 10 % à Wall Street le constructeur américain de réacteurs nucléaires Westinghouse. Selon le Wall Street Journal, une clause prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu’il est justifié.

Inquiétudes en Israël après le feu vert de Trump sur le nucléaire civil saoudien

C’est une décision américaine qui fait l’effet d’une douche froide à Jérusalem. Donald Trump a validé un accord nucléaire civil majeur avec l’Arabie saoudite, ouvrant la voie à l’enrichissement d’uranium sur le sol saoudien. Mais au-delà de la technologie, c’est le lâchage politique qui passe très mal en Israël.

Pour Israël, pays qui n’a jamais reconnu détenir l’arme atomique, c’est un véritable séisme géopolitique dans la région, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

D’abord sur le plan stratégique : l’accord brise le dogme de la non-prolifération au Moyen-Orient en permettant probablement à Riyad d’enrichir de l’uranium. Du point de vue israélien, la frontière entre nucléaire civil et militaire est poreuse, et le risque de voir une course aux armements atomiques s’enclencher chez ses voisins arabes est désormais maximal.

Mais le choc est surtout politique. Washington a totalement abandonné sa condition préalable : la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et l’État hébreu. Israël se retrouve sur la touche, sans aucun bénéfice diplomatique.

La réaction ne s’est pas fait attendre : l’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman prévient déjà que ce projet « finira en arme nucléaire ». Face à ce qu’elle perçoit comme une menace existentielle, la classe politique israélienne pourrait désormais faire le siège du Congrès américain pour tenter d’enrayer l’accord.