C’est un exil inédit : 1 500 médecins ont pris la route de Bruxelles pour protester contre la politique de santé française. « On souhaite que le gouvernement arrête de taper sur la médecine libérale », a déclaré Philippe Cuq président du syndicat Le Bloc, peu de temps avant qu’une vingtaine de bus ne quitte la porte Dauphine, à Paris, pour rejoindre la capitale belge
Les revendications sont multiples, mais un mot revient : les médecins se sentent « incompris » par le gouvernement. Ils défendent notamment leur liberté de fixer des tarifs d’honoraires, qui font régulièrement débat et ont failli être surtaxés dans le récent projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Dépassements d’honoraires
Emmanuel Peigné, vice-président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France, fait partie des médecins partis à Bruxelles ce dimanche 11 janvier. Il estime qu’il serait impossible de travailler sans ces dépassements d’honoraires : « Ça donne une liberté tarifaire, pour pouvoir vivre normalement, pour pouvoir faire face à nos charges qui sont très lourdes, qui dépassent les 50% de notre chiffre d’affaire. C’est la variable d’ajustement pour continuer à avoir une vie normale de nos sociétés de médecine. Ca permet à la médecine française libérale qui est très reconnue, de continuer à vivre normalement, dans des conditions économiques logiques ».
Les médecins vont mettre à profit ces journées d’« exil » en Belgique pour rédiger des propositions, qu’ils veulent ensuite soumettre au Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Les médecins dénoncent une « dérive autoritaire »
L’exil des médecins en Belgique s’inscrit plus largement dans un contexte de grève. La quasi-totalité des organisations de ce secteur ont appelé à cesser le travail entre le 5 et le 15 janvier. Certains grévistes ont toutefois été réquisitionnés. Les syndicats dénoncent ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire », alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale leur impose désormais de limiter à un mois maximum les arrêt de travail lors d’une première prescription. Samedi 10 janvier, plusieurs milliers de médecins (20 000 personnes, d’après les organisateurs, 5 000 selon la préfecture de police) ont défilé à Paris.