Près de la moitié du territoire libanais était sous le feu ce lundi. Des avions de combat et des drones israéliens ont ciblé des dizaines d’objectifs dans le sud du pays, dans la plaine de la Békaa ainsi que dans la banlieue sud de Beyrouth.
Dans l’après-midi puis en début de soirée, plusieurs raids ont touché la périphérie de la capitale. Les explosions ont résonné dans tout Beyrouth et ses environs.
Parmi les cibles figurent une douzaine d’agences de l’institution financière Al-Qard al-Hassan, considérée comme la structure proto-bancaire du Hezbollah. Des frappes ont notamment visé le centre de la cité antique de Tyr, dans le sud du pays.
L’armée israélienne a par ailleurs appelé les habitants de 18 villages du sud à évacuer leurs domiciles, provoquant de nouveaux déplacements de population vers des zones jugées plus sûres.
Un Hezbollah plus isolé que jamais sur les plans politique et populaire
Après avoir entraîné le Liban dans la guerre, le Hezbollah apparaît aujourd’hui plus isolé que jamais sur les plans politique et populaire. Depuis septembre dernier, les autorités libanaises sont engagées dans un processus de désarmement du parti chiite.
Réuni en session marathon ce lundi, le gouvernement a pris une décision historique : « l’interdiction totale de toute activité militaire et sécuritaire » du Hezbollah et de toute attaque lancée depuis le territoire libanais.
Les deux ministres affiliés au Hezbollah se sont retrouvés seuls face au reste du gouvernement, y compris face aux deux ministres du mouvement Amal, allié chiite dirigé par le président du Parlement, Nabih Berri.
L’exécutif a rappelé que les décisions relatives à la guerre et à la paix relèvent exclusivement de l’État et non d’un parti politique. Chargée de mettre en œuvre ces mesures, l’armée libanaise a commencé à renforcer ses positions dans la capitale.
Le Hezbollah a rapidement rejeté ces décisions. Le chef de son bloc parlementaire, Mohammad Raad, a déclaré qu’il ne voyait « aucune raison, dans un tel contexte d’impuissance et de défaillance, pour que le Premier ministre, Nawaf Salam, et son gouvernement prennent des décisions téméraires contre les Libanais qui refusent l’occupation ».