Les municipales à Paris pourraient se jouer dans un mouchoir de poche. C’est l’un des enseignements à tirer de deux sondages parus ce week-end concernant le scrutin dans la capitale. Le candidat de l’union de la gauche (hors LFI), Emmanuel Grégoire, est donné en tête dans les deux enquêtes, mais l’autre favorite, la candidate de la droite (LR) et du MoDem, Rachida Dati, n’est pas loin.
Selon un sondage Ifop, l’écart entre les deux est pour le moins serré puisqu’il accorde 30% d’intentions de vote à Emmanuel Grégoire contre 28% à Rachida Dati. Une autre enquête réalisée par Elabe pronostique, elle, un écart un peu moins serré avec 33% d’intentions de vote pour le candidat de gauche contre 26% pour son adversaire de droite.
Bournazel, Chikirou, Knafo, faiseurs de roi ?
Derrière, les autres candidats semblent à la peine, mais pèsent néanmoins suffisamment pour influencer l’élection. Il y a d’abord Pierre-Yves Bournazel, le candidat du parti Horizon soutenu par Renaissance, sur la troisième marche du podium dans le sondage Elabe, avec 16% des voix. Derrière lui, l’insoumise Sophia Chikirou est à 11%
Ces seuils sont importants pour eux, car recueillir 10% des voix ou plus leur donnerait la possibilité de se maintenir au second tour, et donc de favoriser – ou au contraire désavantager – un camp…
Si Sophia Chikirou se maintient – ce qu’elle dit vouloir faire jusqu’à présent -, cela pourrait en effet changer la donne pour Emmanuel Grégoire, tout comme ce serait le cas aussi pour Rachida Dati avec Pierre-Yves Bournazel. Le scénario n’est pas improbable : le candidat Horizon a répété encore ce week-end qu’il n’était pas question pour lui de se rallier à Rachida Dati, ni d’ailleurs à Emmanuel Grégoire.
Autre candidate qui semble avoir une carte à jouer : Sarah Knafo, à l’extrême droite, avec Reconquête. Elle qui a récemment officialisé sa candidature et qui donne son premier meeting ce lundi 12 janvier réalise une percée intéressante. Elle bénéficie de 9% des intentions de vote, toujours dans le sondage Elabe, là où l’autre candidat d’extrême droite, Thierry Mariani (Rassemblement national), n’est qu’à 5%.
Des reports de voix décisifs
Première remarque : Sarah Knafo pourrait prendre des voix à Rachida Dati. Deuxième remarque : elle a elle-même admis qu’elle serait prête à travailler avec l’actuelle ministre de la Culture. Imaginer Sarah Knafo rallier la candidate LR au second tour n’est donc pas totalement fantaisiste…
Alors que les jeux sont ouverts, chacun essaie en tout cas d’optimiser ses chances de réussite. Emmanuel Grégoire a déambulé dimanche 11 janvier sur un marché de Paris avec celui qui a été pendant 13 ans maire de la capitale, à savoir le socialiste Bertrand Delanoë, qui lui apporte son soutien.
Et la bataille de la communication fait rage. Après la publication de ces sondages, Rachida Dati croit voir « une réelle dynamique », quand l’entourage de Pierre-Yves Bournazel voit en lui « potentiellement le candidat le plus rassembleur ».