Le Premier ministre travailliste Keir Starmer a dû se résoudre à griller un fusible, son directeur de cabinet. Morgan McSweeney avait conseillé à son patron – fin 2024 – de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington, un poste très stratégique avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Mais les récentes vagues de publication des documents du dossier ont montré la proximité de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein. Devant l’ampleur de l’affaire, Peter Mandelson a été démis de ses fonctions en septembre 2025, recevant au passage une indemnité de plusieurs dizaines de milliers de livres sterling. C’est un coup dur pour Keir Starmer qui fait toujours face à des appels à la démission. Il perd un collaborateur fidèle et efficace. Car c’est – en partie – Morgan McSweeney qui a imaginé le recentrage du Parti travailliste après l’époque Jeremy Corbyn. Cela avait laissé des traces en interne, malgré les succès électoraux.
Éviter des conséquences diplomatiques
En France, c’est une autre figure bien connue qui est tombée. L’ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang, 86 ans, et qui a fini par démissionner de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), en raison de ses liens personnels et également d’intérêt. Une enquête judiciaire a été ouverte. Sa démission est une question d’exemplarité, estime unanimement la classe politique française. Jack Lang était sous pression de l’exécutif français pour éviter d’éventuelles conséquences diplomatiques. Si le président de l’Institut du monde arabe est nommé par l’État français, le Conseil d’administration est également composé d’ambassadeurs de pays du monde arabo-musulman, dont la participation financière s’est érodée au fil du temps.
Théories du complot
Il y a un pays où rien ne bouge pour l’instant, c’est celui de Jeffrey Epstein, les États-Unis. C’est pourtant le pays qui, par l’intermédiaire du département de la Justice, publie les documents qui secouent le reste du monde, sur tous les continents. Aux États-Unis, pour l’instant, pas de conséquences malgré les noms bien connus : Bill Gates, Elon Musk, l’intellectuel de gauche Noam Chomsky, le couple Clinton, Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump. Et bien sûr, le président lui-même, cité des centaines de fois. Donald Trump estime que ces documents le disculpent et montrent au contraire qu’il y a eu un complot contre lui. C’est le propre des théories du complot. Elles ne s’arrêtent jamais. Après les avoir largement disséminées et accréditées, il en est désormais l’objet. Tout ce beau monde pensera très fort ce lundi à l’audition à huis clos devant le Congrès de Ghislaine Maxwell, compagne de Jeffrey Epstein et qui purge actuellement une peine de vingt ans de prison pour exploitation sexuelle. Elle devrait largement user de son droit à garder le silence. Principalement pour ne pas insulter l’avenir et la possibilité d’une grâce présidentielle. Interrogé sur ce cas précis il y a quelques mois, Donald Trump ne l’avait pas exclu tout en soulignant qu’il en avait le pouvoir.