Jugés depuis 2023 devant ce tribunal créé par l’Union européenne et le Kosovo, les anciens membres de l’état-major de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) doivent répondre de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis il y a près de 30 ans, durant le conflit qui opposait les séparatistes kosovars au pouvoir de Belgrade et qui a fait plus de 13 000 morts.
L’accusation a requis 45 ans de prison pour des meurtres, des tortures, des actes inhumains et des détentions illégales, perpétrés principalement contre des civils kosovars albanais, accusés d’espionnage ou de collusion avec l’ennemi serbe. Les quatre accusés, dont l’ancien président du Kosovo, Hashim Thaçi, étaient poursuivis en tant que supérieurs hiérarchiques. Ils occupaient des postes de commandement au sein de l’UCK au moment des faits.
« Ni l’UCK ni la cause indépendantiste ne sont jugées »
La procureure Kim West a tenu à préciser que ce procès ne visait ni la cause indépendantiste ni l’organisation dans son ensemble, mais bien la responsabilité pénale individuelle des accusés. Elle a insisté sur le fait qu’ « une condamnation et une peine ne visent ni l’état-major général ni l’UCK », soulignant qu’« aucune condamnation ne peut être imposée au seul motif d’être membre de l’état-major général ou de l’UCK ».
Kim West a également déclaré que le bureau du procureur demandait en revanche « des condamnations pour les dix chefs d’accusation » et « l’imposition d’une peine unique de 45 ans », fondée sur « les contributions individuelles aux crimes portés dans l’acte d’accusation ». Les accusés devraient s’exprimer en fin de semaine. Au cours du procès, Hashim Thaçi s’est déclaré innocent, affirmant qu’il n’exerçait aucune autorité sur les commandants de zone déployés au service de la guérilla.